RECHERCHE Sciences sociales - Sociologie

La construction de « l’immunité » des FSF au VIH/Sida : perception du risque et pratiques de prévention des lesbiennes, bies et personnes trans, en France.
Jeunes Chercheurs, Sciences Sociales

Financement

Porteur du projet : Yael ECHED (Thèse)
Responsable Scientifique : Marc BESSIN

Laboratoire : CNRS UMR8156 - INSERM U997 - Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (IRIS)
PARIS - Ile-de-France

Montant : 102 000 € - Durée : 36 mois

Résumé

Malgré le caractère lacunaire des connaissances sur le sujet, les femmes rapportant des contacts sexuels avec des femmes (FSF) ne constituent pas une population à l’abri du VIH ; les quelques données disponibles, issues d’études étrangères, concluent au contraire à un niveau de risque supérieur à celui des femmes hétérosexuelles. Les risques liés au VIH-Sida chez les FSF font ainsi l’objet d’une sous-évaluation, qui appelle une analyse détaillée de leur sexualité, de leurs pratiques à risques ou préventives et de leurs trajectoires de vie.

En analysant les déterminants sociaux de la construction des concepts de « risque », de « santé » et de « sexualité », on se propose ainsi d’expliquer le non recours des FSF aux outils de prévention, en lien avec leur exclusion des politiques de lutte contre le VIH. Il s’agira d’étudier en particulier comment les rapports de genre et la question de l’orientation sexuelle chez les femmes ont pu marginaliser les FSF dans le champ du VIH-Sida. En s’appuyant sur une méthodologie mixte, ce projet adoptera une perspective historique, en interrogeant l'exclusion progressive des FSF de la lutte contre le VIH depuis le début de l’épidémie ; il s’agira, d’autre part, d’étudier l’influence des parcours de construction de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre sur les pratiques à risques / les pratiques préventives, tout en les reliant à des trajectoires sociodémographiques.

C’est pourquoi cette enquête associe un travail sur archives communautaires à l’analyse secondaire d’une enquête quantitative INED sur la santé des personnes LGBT ; des entretiens biographiques et l’observations ethnographiques de dépistages communautaires spécifiquement adressés à des publics FSF, seront également réalisés.

Ce projet est avant tout motivé par la nécessité de pallier un angle mort des politiques publiques de prévention, pointé du doigt tant par les acteurs communautaires que par les rares chercheur.e.s travaillant sur la question. L’objectif est donc triple :1) Affiner les catégories d’analyse des FSF, en établissant des critères de distinction pertinent des sous-groupes lesbiennes/bies, tout en l’articulant aux populations trans 2) Analyser la construction du discours sur le VIH/Sida et sa réappropriation par les milieux communautaires afin de faciliter le développement d’actions à destination des FSF 3)Produire des données sur les risques de transmission du VIH chez les FSF afin de permettre sa modélisation.

Année

2017